Menu du jour : moment de convivialité, premier état des lieux et installation dans la commune de M’tsamboro.
lundi 17 novembre 2025
Quentin et Estelle sont arrivés la veille par différents moyens tandis que Marine a été accueillie de bon matin à l’aéroport par deux collègues des Archives départementales avec le traditionnel collier de fleurs.
L’indispensable scooter !
Le scooter est un des moyens le plus rapide pour échapper aux bouchons de Mamoudzou aux heures de pointe !
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Découverte des locaux des Archives départementales de Mayotte
Maxence Habran, Quentin et Estelle dans le « petit magasin ».
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La mission débute aux Archives départementales, par la rencontre avec Maxence Habran, directeur des Archives de Mayotte et Toilianti Dimassi, responsable de la section des archives contemporaines pour une visite du service avant de rencontrer toute l’équipe et de partager un moment convivial autour d’un véritable festin !
Un vrai festin de roi !
Repas préparé par les collègues des Archives départementales de Mayotte.
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Au menu :
Mabawa grillés : brochettes de poulet
Mshakiki : brochettes de boeuf
Kakamkou : bouillon de poisson et sauce citron
Batabata : bananes et manioc bouillis
Feliki mhogo ou mataba : feuilles de manioc au coco
Salade de papaye
Tchari ya manga : Achards de mangues vertes
Bankora : beignets de riz sucrés
Makarara : feuilletés avec sirop et sésame
TsiTsibwi : boulette de farine de manioc à la vanille
Boisson infusées à l’hibiscus, au tamarin, au comvava, au baobab…
Marmite de Kakamkou
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Après ce très bel accueil, il était temps de charger la voiture de location avec le matériel aimablement prêté par les Archives départementales. On y trouve entre autres des aspirateurs, des casques de chantier, des raclettes, des brosses, des lingettes désinfectantes, des masques, des gants ou encore de l’alcool à 70, afin d’intervenir dans les locaux touchés par le cyclone ainsi que par les récentes intempéries.
Chargement du matériel
Coffre de la Dacia plein à craquer !
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Direction M’tsamgamouji escortés par Toilianti. Arrivés sur place, accueil par Laandhoiti Mabou, assistante de direction, accompagnée du DRH de la commune et de plusieurs collègues pour une visite du bâtiment des services techniques (une salle d’archives - la plus touchée par le cyclone) et de la mairie (3 locaux d’archives dont un seul a subi des dégâts).
Direction M’tsamgamouji !
Salle d’archives au sein de la mairie avec à droite, Laandhoiti Mabou, assistante de direction de la commune de M’tsangamouji.
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C’est donc parti pour une première étape de tri et la préparation des éliminations réglementaires de la commune de M’tsamgamougi qui occuperont les deux prochains jours !
Dernière étape de la journée : direction le logement situé dans la commune de M’tsamboro à une vingtaine de minutes. Difficile de trouver le point de rendez-vous avec des réseaux GPS récalcitrants … Heureusement, Estelle connaît bien l’île ! Enfin sur place, rendez-vous avec Salima, notre hôtesse pour ces 3 jours dans le nord de l’île. Et quand la roue de la voiture se retrouve bloquée dans le caniveau, c’est la solidarité qui opère ! Un ami qui passait par là et voici la situation résolue en deux coups de volant (ouf !).
La journée se termine par un verre de coca sur la terrasse devant le coucher de soleil sur la mer aux chants du muezzin de la mosquée d’en face.
Soleil couchant à M’tsamboro
Vue de la terrasse du logement !
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Étape par étape
J-2 : Mardi 18 novembre 2025
Petit guide pour intervenir dans un local d’archives... après le passage d’un cyclone (mairie de M’Tsangamouji)
Avant !
Salle d’archives de l’annexe de la mairie de M’tsangamouji, dans son état après le passage du cyclone
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mercredi 19 novembre 2025
Étape 1 : Évacuer.
Tout ce qui n’est pas des archives (généralement des fournitures) : les stocks d’unités centrales, d’enveloppes et de ramettes de papier, rendus inutilisables par l’humidité.
On évacue !
Trois stagiaires de 3e aident Quentin à évacuer les archives du local
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Déjà, on y voit plus clair !
Après !
Etat de la salle d’archives en milieu de matinée
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Étape 2 : Trier !
Ici en deux pôles : d’un côté les archives éliminables, de l’autre les archives à conserver
On trie !
Un stagiaire de 3e de la commune et Marine préparent les éliminations
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Étape 3 : Documenter.
C’est l’occasion de former la correspondante Laandhoiti Mabou à la rédaction d’un bordereau d’élimination.
Étape 4 : Réorganiser.
Comment sauvegarder des documents attaqués par la moisissure ?
On retire tous les contenants abîmés ou contaminés
On dépoussière (à la balayette ou à la lingette)
On nettoie la salle : à l’heure actuelle, les documents ne peuvent malheureusement pas être entreposés ailleurs (pas d’autre local disponible et risque majeur de contaminer les documents sains dans les autres locaux)
On nettoie !
Dépoussiérage en cours !
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On savoure !
État des travaux en fin de journée
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Principales typologies préservées aujourd’hui :
permis de construire ;
arrêtés ;
marchés publics de travaux (notamment des écoles de la commune) ;
dossiers d’agents ;
demandes de subventions ;
les archives de l’Office municipal de la jeunesse et des sports (OMJS).
Estimation des volumes traités dans la journée :
• Archives conservées : environ 12 ml
• Archives éliminables : 4 m3 soit +/- 48 ml
• Fournitures évacuées : 6 m3
• 16 araignées, 25 poissons d’argent, 5 gros cafards (tous vivants !)
Bonus !
Qui saura identifier cette curieuse créature repérée sur des documents (heureusement éliminables) ?
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Quelques équivalences (en moyenne)
– 1 ml d’archives = 50 kg = 0,080 m3 – 1 kg d’archives = 0,025 ml = 0,0016 m3 – 1 m3 d’archives = 12 ml = 600 kg
Une nouvelle journée bien chargée !
J-3 : Mercredi 19 novembre 2025
Salle d’archives de la mairie annexe de M’tsangamouji, suite et (presque) fin
Du travail bien fait !
Salle d’archives en pleine séance d’aspiration
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mercredi 19 novembre 2025
Dans la continuité de la journée d’hier, nous avons consacré ce mercredi à :
– terminer la préparation des éliminations réglementaires ;
– traiter les nombreux vracs ;
– assainir et reconditionner les archives définitives. Nos armes : balayette, lingettes désinfectantes ainsi que … le soleil et le vent qui leur ont fait beaucoup de bien !
Session d’assainissement des archives
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L’un des seuls documents que nous n’avons pas pu sauver.
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Une belle satisfaction !
« Document le plus ancien repéré : plan topographique du village de Chembenyoumba, 1985 ».
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Nettoyage et réorganisation du rangement dans le local.
Comment s’y prendre ?
Un bon coup d’aspirateur puis on badigeonne les tablettes et les murs d’alcool à 70°.
Nettoyage et réorganisation du local
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De nombreux agents ont passé une tête sur le chantier (30 m2 environ d’archives étalées au sol) et dans le petit local (environ 2 m2). Beaucoup ont exprimé leur surprise qu’un si petit local ait pu contenir autant d’archives et de fournitures !
Système D oblige !
Le meilleur moyen de gagner de la place dans une benne remplie de contenants à jeter : donner un peu de sa personne !
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La journée a été marquée par des conditions plus difficiles que la veille :
– nombreuses coupures d’électricité –coupures d’eau : les toilettes sont inutilisables, on ne peut même pas se laver les mains… Ces coupures sont régulières à Mayotte et sont organisées par la SMAE, la société de distribution des eaux par secteur et durent environ 36h : ce sont les tours d’eau. Heureusement, notre hôte à M’tsamboro a prévu un baquet dans la salle de bain, qui doit être rempli quand l’eau circule.
–chaleur et humidité : c’est le début de la saison des pluies et les températures augmentent ainsi que l’humidité, ce qui rend le port de la blouse, du masque et des gants un peu inconfortable.
Un engagement sans faille !
Dépoussiérage à la lampe frontale pendant une coupure de courant.
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Plusieurs moments de pause bienvenus ont néanmoins ponctué la journée :
Déjeuner au bord de la mer avec nos deux complices Laandhoiti Mabou et sa collègue
La tablée du midi
Après l’effort, le réconfort !
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Vue depuis le restaurant
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Bain de mer à M’tsamboro après la journée de travail !
Plage de M’tsamboro
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Jour de transition
J-4 : Jeudi 20 novembre 2025
Ce jeudi qui marque la fin de notre intervention à M’tsangamouji.
L’équipe de choc de M’tsangamouji
dans la salle entièrement réaménagée
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vendredi 21 novembre 2025
Une heure a suffi pour terminer de réorganiser la salle d’archives de la mairie annexe et de finir de documenter les éliminations. C’est maintenant à la mairie de jouer pour obtenir le visa des Archives départementales et procéder à une élimination sécurisée des documents.
Dans l’attente de leur élimination sécurisée
Les documents sont entreposés sous une bâche
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Le reste de la matinée a été consacrée à la salle d’archives de la mairie, moins sinistrée mais où ont été entreposés des sacs poubelle de documents atteints par l’eau. Nous passons le relais à notre référente-archives Laandhoiti Mabou (à qui nous consacrerons un portrait demain !).
Préparation d’une nouvelle élimination
Marquage des éliminables dans la salle d’archives de la mairie,
pour amorcer la rédaction d’un nouveau bordereau d’élimination.
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A 11h30, il est déjà l’heure de prendre la route et de se dire au revoir. Nous échangeons nos contacts et nous repartons avec des pin’s aux couleurs de M’tsangamouji.
Le trajet est un peu plus long que prévu car la route de la côte ouest est bloquée par des manifestants pour protester contre le climat d’insécurité à Sada. Nous traversons donc l’île puis nous empruntons la route de la côte est vers le sud.
Musicale Plage où on trouve le plus vieux baobab de l’île
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Après une pause pizza au bord de Musicale Plage à Bandrelé, il est temps de faire connaissance avec les agentes de la commune de Kani-Kéli (plus précisément le village de Choungui) où les archives endommagées par Chido ont été entreposées dans une salle des fêtes, elle-aussi touchée par le cyclone.
Choungui
Sa salle des fêtes
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Cette première demi-journée a été consacrée à faire connaissance, à présenter les objectifs de la mission, à prendre possession des lieux et à organiser les prochains jours, notamment en emménageant deux petits locaux sur les côtés de la scène, qui serviront au stockage provisoire des archives définitives. Pour les équiper : réemploi du mobilier de la bibliothèque de la commune !
Aménagement d’une salle d’archives temporaires
dans la salle des fêtes, en utilisant l’ancien mobilier de la bibliothèque
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Du renfort bienvenu
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Sur l’estrade,
une belle représentation (du travail qui nous attend)
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[1] « Kwahéri » veut dire « Au revoir » et « Gégé » bonjour en Shimaoré
Portrait de Laandhoiti Mabou
J-5 : vendredi 21 novembre 2025
Échange privilégié avec une archiviste en devenir !
Laandhoiti Mabou, dite Dati (D), est secrétaire de direction au sein de la mairie de M’tsangamouji et correspondante archives de la commune.
Laandhoiti Mabou, dans la salle d’archives de la mairie
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vendredi 21 novembre 2025
Chargée d’accueillir la mission ASF pour les trois jours passés dans sa ville, elle a été une précieuse ressource et s’est démenée pour que les archivistes obtiennent tout ce dont ils avaient besoin. Elle a aussi pu être formée à la rédaction d’un bordereau d’élimination, afin de pouvoir poursuivre ces opérations à l’avenir.
Juste avant notre départ, elle a accepté à répondre à quelques questions posées par Quentin (Q).
Q : Peux-tu te présenter en quelques mots ?
D : Je m’appelle Mabou Laandhoiti, je travaille à la mairie de M’tsangamouji en tant que secrétaire de direction et une partie de mes tâches est consacréee à l’archivage. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, je vais vous parler un petit peu de mon parcours. J’ai fait un master de sociologie à l’université de Toulouse-le-Mirail. Une fois le master en poche, je suis rentrée à Mayotte. J’ai travaillé au CCAS de M’tsangamouji en tant que chargée de développement social pendant deux ans. Mais à force, je n’y trouvais plus mon intérêt, je n’étais plus productive. Je voulais voir autre chose que les appels à projets. En ce qui concerne l’archivage, je suis tombée dedans par hasard, je ne connaissais pas du tout. La mairie avait un poste vacant et personne ne voulait s’occuper de la fonction archives. Du coup je me suis proposée ! Je vais essayer, je veux voir jusqu’où je peux aller et là, actuellement je ne regrette pas du tout mon choix, je ne suis pas du tout déçue !
Q : Qu’est-ce qui t’a intéressé dans les archives ?
D : En s’y plongeant, on retrace l’histoire de mon village, la commune de M’tsangamouji. Pendant ces quelques jours plongée dans les documents, j’ai eu une idée de l’histoire de ma commune, notamment en ce qui concerne l’urbanisme et le foncier. J’ai compris qu’avant, les habitants n’avaient pas de parcelles, rien n’était enregistré. Puis la mairie a mis à disposition des parcelles, les habitants venaient payer pour avoir une parcelle dès qu’il y en avait de libres.
De ce que j’ai vu aussi, l’état civil avant, c’était un peu compliqué… En fait, au sein d’une famille, si on estimait que quelqu’un était plus prometteur, on avait tendance à vouloir le mettre en avant au détriment des autres. Donc au sein d’une même fratrie, on inscrivait plusieurs fois le même enfant à l’école sous les identités de ses frères, qui eux n’allaient pas forcément à l’école. On allait jusqu’à baisser l’âge en trichant sur l’année de naissance pour que il puisse avoir une scolarité. Ce qui m’a aussi marquée, c’est que les années de naissance n’étaient pas forcément relevées à Mayotte. Donc pour les pièces d’identité, on estimait l’âge en fonction de la dentition des gens…
En terme d’infrastructures, les bâtiments n’étaient pas comme ils sont aujourd’hui. Et je vois qu’il y a eu une vraie évolution. Ce qui est dommage, c’est qu’il nous manque des archives sur le sujet. Mais avec celles qu’on a, on se rend compte que depuis les années 2000-2010, la mairie se projette, elle voit sur le long terme. Avant, on faisait pour répondre à un besoin, mais actuellement, on se préoccupe plus aussi de la question environnementale. Et on s’assure également qu’on fait quelque chose pour le long terme, on se projette à 10-20 ans. Alors qu’avant c’était juste maintenant, à l’instant T.
Q : D’après toi, pourquoi c’est important de conserver ces documents-là ?
D : Parce que moi-même je connais peu mon histoire, mon héritage culturel. Lorsque j’étais élève, on n’enseignait pas l’histoire de Mayotte à l’école. Alors que c’est essentiel que je connaisse à minima mon histoire. C’est mon héritage. Ça serait bête de me retrouver quelque part, qu’on me pose des questions « alors tu viens d’où, c’est comment ? » et je ne pourrais pas retracer mon histoire. C’est très important, surtout pour les générations à venir. Je commence à mieux la comprendre et enfin je peux dire que voilà, je connais un petit peu mon histoire et ça c’est une fierté, c’est une chance pour moi !
Q : Qu’est-ce que tu retiendras de ces trois jours à travailler sur l’archivage avec nous ?
D : C’était vraiment intense, c’est ce qui me faisait peur. Mais franchement le défi a été relevé et je vous remercie beaucoup pour ça ! Si vous n’étiez pas intervenus, toute seule ça aurait été quasi impossible de gérer tout ça, d’autant plus que je ne suis pas du secteur. Mais là j’ai pu voir pas mal de choses. Donc, que du positif !
Q : Ça a été quoi pour toi le pire moment de ces trois derniers jours ?
D : Lorsque je devais solliciter les collègues. Parce qu’autant j’ai plus anticiper certaines choses, mais les demandes de dernière minute, t’es obligée d’aller voir les services techniques par exemple, de doucement leur demander « je pourrais avoir ça … » et de faire en sorte qu’ils répondent à nos besoins. Et ça, c’était compliqué, les besoins de dernière minute, comme par exemple obtenir les bâches, des choses comme ça.
Q : Et le meilleur moment alors ?
D : Lorsque j’ai vu la salle bien rangée ! C’était très satisfaisant ! Le travail est fait.
Une belle photo souvenir
Quentin, Marine, Estelle et Laandhoiti prennent la pause dans la salle d’archives entièrement réorganisée.
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Q : Tu voulais rajouter quelque chose ?
D : Franchement, je me donne 2-3 ans et soit je vais faire la formation, me former au métier d’archivage et rentrer carrément dans le milieu. Sinon, c’est sûr que tôt ou tard, je reviendrai là-dessus. Parce que je n’ai pas fini de retracer mon histoire. C’est mon héritage et j’aimerais bien le connaître au mieux !
Cadeaux souvenirs en pagaille !
Pin’s et médaille de M’tsangamouji offert par Nadhoimati, vanille produite par l’oncle de Laandhoiti jusqu’au passage de Chido (ses cultures ont été dévastées et il a arrêté son activité) et Ylan Ylan cueillie par Laandhoiti pour Marine qui adore les fleurs.
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Les archivistes sans frontières remercient infiniment Laandhoiti ainsi que sa collègue Nadhoimati Mansoibou pour leur présence, leur volontarisme et leur bonne humeur ! Grâce à elles, durant 3 jours nous nous sommes sentis chez nous à M’tsangamouji !
Retour au travail !
J-6 : lundi 24 novembre 2025
Première étape de la semaine : le travail bat son plein à Chougui (village de la commune de Kani-Keli) !
lundi 24 novembre 2025
Priorité aux éliminations réglementaires !
On ne perd pas de temps à traiter des archives qui peuvent dès maintenant être éliminées. Déjà 7 m3 (+/- 84 ml) ont été identifiés comme éliminables. Le bordereau d’élimination est en cours de rédaction.
Rédaction du bordereau d’élimination
Marine et Quentin en pleine rédaction du bordereau d’élimination.
Juste derrière eux, ont été entreposées sur la scène de la salle des fêtes environ 80% des archives à traiter. Les 20% restantes, les plus touchées par la montée des eaux, ont été entreposées ailleurs dans la salle
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Archives mises à l’écart !
Les archives identifiées comme réglementairement éliminables s’accumulent !
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Que faire pour les archives définitives ?
Elles sont réparties sur les étagères par grands thèmes à l’aide d’affichettes (RH, budget / finances, marchés publics, arrêtés, jeunesse et sports, état civil, etc.). Toutes les nouvelles boîtes fournies par la commune ont été montées mais la priorité n’est pas au reconditionnement de l’ensemble, plutôt de celles qui ont été sévèrement endommagées.
Les archives définitives sauvées des eaux !
L’une des salles de stockage provisoires pour les archives définitives.
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De l’aide bienvenue !
Environ une dizaine de collègues de la commune de Kani-Keli, notamment issues des services de la bibliothèque municipale, sont venues prêter main forte.
Un renfort de poids !
Quatre agentes de Kani Keli venues participer à l’opération.
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Lors des échanges préalables avec l’équipe d’ASF, la commune avait spécifiquement exprimé un souhait de formation de ses agents. Des binômes ont été formés avec les trois archivistes pour s’initier à la préparation des éliminations réglementaires, à l’identification des archives définitives, au reconditionnement, à la reprise d’informations élémentaires (objets, dates) et à l’appropriation des outils de traitement (circulaire, tableau de gestion.)
Un vrai travail d’équipe !
Les binômes en actions !
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Par ailleurs Maxence Habran, directeur des Archives départementales de Mayotte s’est rendu sur place en appui ponctuel :
repérage des typologies à sauvegarder (notamment délibérations et permis de construire) et participation à la mise en place de l’espace de séchage au sein de la salle des fêtes ;
Une dose d’originalité !
Délibérations originales datant des années 1980 en cours de séchage …
Les cailloux proviennent de l’allée du voisin de la salle des fêtes !
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désinfection feuille à feuille et séchage à plat dans l’espace le mieux ventilé. Il relate sa visite sur Linkendin
Maxence Habran en action !
Maxence Habran en pleine séance de désinfection des archives
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Une nouvelle mission accomplie !
J-7 : mardi 25 novembre 2025
Kani-Keli, c’est déjà fini !
L’équipe ASF au complet !
Quentin, Marine et Estelle à la fin de l’opération.
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mercredi 26 novembre 2025
De beaux volumes
À l’issue de cette intervention qui aura duré 4 jours :
– Environ 46 ml d’archives définitives ont été identifiées, mises en boîtes et réparties selon les fonctions qui correspondent aux missions de la communes.
La fonction surreprésentée : les marchés publics de travaux (17 ml environ).
La fonction plus volumineuse que prévue : les ressources humaines car nous sommes allés au-delà des préconisations de la circulaire de 2009 sur les archives des collectivités territoriales, en conservant tout ce qui concernait la paie, afin que la commune puisse aider ses agents ou anciens agents à prouver leurs droits. Nous avions été mis en garde sur le fait que les bulletins de salaire n’étaient pas envoyés aux agents à certaines époques à Mayotte et que leur conservation par les agents était difficile.
A la fin de l’intervention, une 1re salle d’archivage temporaire
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A la fin de l’intervention, une 2e salle d’archivage temporaire
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– Environ 130 ml d’archives éliminables
A la fin de l’intervention, les archives éliminables
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Le cimetière des reconditionnement usagés…
Baignade interdite au risque de nager avec des poissons d’argent !
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Une situation sanitaire complexe
Parmi les éliminables, quelques typologies auraient dû être conservées en temps normal. Elles n’ont pas pu être sauvées en raison de leur état de moisissure extrême (encre presque totalement effacées, papier réduit à l’état de pâte, présence de vers et moisissures bleues, etc.). Ces documents ont stagné pendant plusieurs semaines dans l’eau et dans la boue…
Des pertes inéluctables
Deux dossiers d’archives impossible à sauver.
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L’invité surprise !
Et soudain … un verre de terre apparaît.
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Néanmoins, grâce au séchage et au dépoussiérage, des registres d’état civil, des délibérations, des dossiers de marchés, des permis de construire, des dossiers de paie et de carrière des agents ont pu être sauvés.
Des documents traités avec attention !
Atelier de nettoyage à l’alcool à 70° pour se débarrasser des moisissures.
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Le problème des dossiers « divers »
Nous avons rencontré une difficulté inattendue en faisant face à plusieurs dizaines de boîtes d’archives identifiées « divers » : un imbroglio d’affaires et de typologies, probablement issues de plusieurs producteurs et qui nécessite un tri pièce à pièce pour en comprendre l’origine et la finalité.
Ce qui reste à traiter pour la commune
+/- 15 ml de boîtes « divers »
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Ces boîtes étant dans un état sanitaire correct, elles ont été jugées non prioritaires, bien que certaines boites ont pu être traitées en tentant une ventilation par typologie et par année dans des boites vides. Elles seront à traiter par les agents de la commune.
Leur volume est estimé à environ 15 ml.
Les dossiers dans les boîtes « divers »
Ils ont été ventilés dans des boîtes thématiques en faisant ressortir l’objet et les dates.
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Petit déjeuner avec les agents
Pour cette dernière journée passée ensemble, les agentes du service Animation de Kani-Keli se sont mobilisées pour partager avec nous un petit déjeuner convivial et animé par un animateur de la commune !
Au menu :
Beignets de manioc
Bananes plantains caramélisées
Brochettes aux olives
Différents jus
Beignets de manioc
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Bananes plantains
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Petit déjeuner entre amis !
Les agentes de Kani-Keli ont organisé un petit-déjeuner pour notre dernier jour de travail.
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Avant / Après
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Chirongui sous la pluie !
J-8 : Mercredi 26 novembre 2025
C’est le début de la fin de notre mission de sauvetage archivistique post-Chido dans les communes de Mayotte avec l’opération au sein de la commune de Chirongui.
Depuis la mosquée de Poroani
vue sur la forêt départementale des monts Benara
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jeudi 27 novembre 2025
État des lieux
Les archives sont conservées au premier étage de la mosquée du village de Poroani qui est un bâtiment municipal.
Mosquée du village de Poroani
Elle accueillent les archives de la commune au 1er étage.
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Nous l’avons découvert sous une pluie battante : la saison des pluies a commencé !
un matin pluvieux à Chirongui
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L’intégralité des archives intermédiaires et définitives de la commune de Chirongui sont conservées dans ce bâtiment. Elles y ont été transférées récemment (il y a moins de 10 ans).
L’écriture d’Estelle...
... sur des boîtes d’archives qu’elle a traité il y a une dizaine d’années alors qu’elle travaillait aux Archives départementales de Mayotte et avait accompagné la correspondante archives de Chirongui.
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Passé archivistique
Hanima Ibrahima, maire de Chirongui de 2008 à 2020, était sensibilisée au patrimoine et à l’importance de l’archivage. La commune dispose donc de bases solides pour la gestion de ses archives, notamment grâce au travail d’une correspondante archives (jusqu’à 100% consacré à l’archivage). Avec d’autres agents de la commune, elle a bénéficié d’une formation CNFPT.
Les résultats sont encore visibles aujourd’hui, même si la commune n’a plus de correspondant archives. La salle est équipée de rayonnages fixes de bonne qualité, les documents en rayonnages sont très bien tenus. Un récolement a été débuté.
Malheureusement, des versements en vrac ont été déposés au sol en plusieurs endroits de la salle. Ce sont principalement eux qui ont été endommagés par les eaux.
La salle d’archives à notre arrivée
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Dégâts
Chido a endommagé la toiture de la mosquée en plusieurs endroits. On constate des fuites par le plafond et par les volets et de l’eau stagnante au sol. Vu la pluie battante de la mâtinée, nous avons donc travaillé les pieds dans l’eau !
Un an après Chido
Il pleut encore sur les archives …
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Notre première action a donc consisté à traiter les documents endommagés par l’eau en mettant en place l’habituelle chaîne de séchage : nettoyage des tablettes, identification des typologies à sauver, étalage des documents à l’air libre brassé par les ventilateurs plafonniers et l’aération naturelle du bâtiment. Puis nous avons débuté le traitement des vracs et la réorganisation de la salle.
séance de dépoussiérage des rayonnages
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Une boîte d’attestations de construire mises à sécher
Pratique d’urbanisme local, ces « attestations de construire », qui entérine la possession d’un habitant sur une parcelle et amorcent un début de bornage des terrains privés, nous ont paru essentielles à sauvegarder.
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Nos objectifs pour cette intervention :
– Traiter les versements en vrac
– Mettre en place les éliminations réglementaires
Déjà, les éliminations réglementaires commencent à s’accumuler !
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– Former les agents venus prêter main forte
– Réorganiser la disposition de la salle
On y voit un peu plus clair après cette journée de travail
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Demain nous vous proposerons un petit hors-série, consacré à la faune et la flore rencontrées au cours de la mission. Entomophobes, s’abstenir !
Hors-série : Archives vivantes
J-9 : Jeudi 27 novembre 2025
(petites) bêtes qui montent et des champignons qui poussent Florilège non-exhaustif de la faune et de la flore croisées dans les archives… et en dehors à Mayotte. / !\ Trigger warning : phobiques des insectes, il vaut sûrement mieux passer votre chemin !
jeudi 27 novembre 2025
Nos tops
–Le bébé lézard dont l’œuf avait été gardé au chaud dans une boîte et qui éclot à la sortie (évidement, on l’a appelé Archie !)
Archie, le bébé lézard
tout juste sorti de son oeuf
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– Quasi absents au nord de l’île (M’tsanboro ou M’tsangamouji), les maki (lémuriens) sont partout au sud pour notre plus grand joie !
De bon matin
un visiteur inattendu sur notre balcon !
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–Les roussettes (chauve-souris)
–Les coqs et les poules (dont une famille a élue domicile dans le chantier de la maison voisine de la nôtre)
Nos voisins
les poussins
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–Bananiers, cocotiers, manguiers, baobab … et fleurs à profusion !
Bananiers de Poroani
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Le plus ancien baobab de Mayotte
Musicale Plage
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Fleurs de Poroani
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–Araignée rencontrée au détour d’une balade
Araignée de Miréréni
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Nos flops
– Noire, blanche ou orange : la moisissure ne cesse de nous surprendre
moisissure... orange !
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moisissure... blanche !
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–Les cafards dont le plus gros de la taille d’un pouce
un (plutôt petit) cafard
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– Les poissons d’argent qui prolifèrent dans les boîtes humides …
un poisson d’argent
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Clap de fin : Kwahéri Chirongui
J-10 : Vendredi 28 novembre 2025
Après avoir été accueilli par un collier de fleurs, c’est avec des broches de jasmin mahorais confectionnées par une agente de Chirongui qu’est célébrée la fin de notre mission à Mayotte.
Des broches de jasmin mahorais en guise d’au revoir
Quentin, Estelle, Nassuria MADI, Nouria ALI et Fatima SALIMEBE
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Juste avant de quitter Chirongui
Marine, Estelle et Quentin prennent la pose.
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samedi 29 novembre 2025
Bye-bye Chirongui
Nous avons fait nos adieux à Chirongui où nous avons aussi vécu pendant plus d’une semaine.
Les archives définitives de la commune vont demeurer au premier étage de la mosquée où nous avons travaillé pendant deux jours et demi.
Rayonnages après les éliminations
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Chaîne de traitement à Chirongui
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Notre intervention a permis de préserver 31 ml d’archives définitives, dont environ 1 ml que nous avons sauvé de la destruction en les faisant patiemment sécher feuille à feuille. L’équivalent de 3 boîtes est toujours en train de sécher sur place …
Deux épis ont été consacrés au séchage des documents
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Par ailleurs, 5m3 de documents ont été identifiés comme éliminables et sont entreposés dans la salle dans l’attente du visa du directeur des Archives départementales.
Eliminations réglementaires en attente du visa
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Nous avons également déplacé les archives pour les éloigner des fuites du plafond.
Depuis Chido, le bâtiment n’a toujours pas été mis hors d’eau. Il convenait donc d’éviter de nouveaux dégâts liés aux eaux de pluie. Des seaux ont également été disposé aux endroits où les fuites apparaissaient.
Salle d’archives de Chirongui
Les dégâts causés par Chido sont encore très visibles
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Nous avons également remarqué que si l’ensemble des boites avaient été touchées par les eaux suite au passage du cyclone, elles ont toutes pu sécher grâce à la ventilation des locaux.
Résultat : très peu de moisissures hormis les boites restées au sol. Néanmoins, toutes les boites fragilisées par l’humidité mériteraient à terme d’être changées.
La priorité était d’assainir la situation en traitant tous les documents atteints par l’eau et étalés au sol. Désormais, la situation est assainie et les opérations archivistiques peuvent reprendre !
Un rayonnage d’archives
à l’issue de l’intervention d’ASF
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La boucle est bouclée...
Après les adieux à Chirongui, retour à Mamoudzou pour déposer Estelle au pied de la barge qui l’emmène vers l’aéroport. Puis direction, les Archives départementales afin de restituer le matériel prêté pour la mission. Une arrivée qui tombe à pic… puisque nos collègues ont subi un dégât des eaux le matin même !
C’est donc reparti pour les opérations de séchage… L’avantage, c’est que nous sommes déjà rodés !
Séance de séchage
en salle de lecture des Archives départementales de Mayotte
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Comment s’y prendre pour préserver un registre après un dégât des eaux ?
Le feuille à feuille reste la meilleure méthode.
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Et c’est maintenant un week-end de repos bien mérité pour Quentin et Marine.
Retour en métropole mardi prochain !
Plage de Mtsanga Sakouli à Bandrelé
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Belle surprise à Chirongui !
Nous sommes tombés sur une série de dessin de la mangrove par des enfants de l’école primaire du village de Poroani.
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