Si vous n’avez plus eu de nouvelles depuis le jeudi 23 octobre, c’est que l’équipe était pleinement mobilisée sur l’analyse des classeurs, une activité menée sans relâche durant toute la journée du vendredi. Une unique pause a ponctué cet important travail d’inventaire : une formation dispensée par Stéphane, consacrée à l’histoire des négatifs et aux mécanismes de dégradation des négatifs souples.

Un travail d’inventaire acharné
Après un weekend de repos et de visites de la ville d’Addis Abeba, nous entamons aujourd’hui notre deuxième semaine de mission, toujours aussi motivés.
Nous continuons notre travail d’inventaire des classeurs bien sûr. En parallèle, on poursuit le dépoussiérage de classeurs et d’albums en attente.


Et une chaîne de travail se met en place sur le reconditionnement de bandes orphelines trouvées dans le meuble à tiroir.




Maintenant que nous connaissons mieux le groupe de chercheurs de l’EHA présent à nos côtés depuis le début de la mission, nous pouvons faire ici les présentations.
L’Ethiopian Heritage Authority.
Le service de la Recherche de l’EHA est dirigé par Etagegnehu ASRES, il est composé de 4 départements :
– Le département des manuscrits anciens et du patrimoine artistique
– Le département de recherche sur le patrimoine immatériel et ethnographique
– Le département de paléontologie et de paléoanthropologie
– Le département d’archéologie
Et du service d’archives audiovisuelles et photographiques qui accueille la mission.
Israel Arage , responsable du département des manuscrits anciens et du patrimoine artistique

Dr Israel Arage travaille pour l’EHA depuis 12 ans. Il est le chef du département historique, des manuscrits anciens et du patrimoine artistique. Il encadre 6 chercheurs et 2 conservateurs. Les collections sont conservées au sein de trois réserves :
- la première est dédiée au patrimoine historique,
- la deuxième aux manuscrits anciens
- et enfin les œuvres d’arts sont conservées dans une troisième.
Les principales missions de ce département sont la recherche, l’expertise matérielle et intellectuelle sur les collections (conservation préventive, curation, catalogage et documentation), l’administration et la gestion des collections. Il est également chargé de la réception et du traitement du patrimoine éthiopien restitué.
Ses travaux de recherche portent sur l’histoire et manuscrits anciens / chroniques. Il est spécialiste du Moyen Âge tardif dans la périodisation éthiopienne de l’histoire. En Éthiopie, la période académique « historical archeaology » couvre une période allant du 1er millénaire BCE au 13e siècle. Cette période est marquée par la diffusion de l’écriture et le développement d’entités politiques complexes. L’Éthiopie médiévale s’étend de 1270 à 1855.
Il travaille sur des archives papier, des ouvrages en amharique et en anglais mais plus spécifiquement les manuscrits anciens écrit en Ge’ez (langue sémitique ancienne qui s’est développée dans la Corne de l’Afrique).
Dr Israel décrit les archives comme le fil rouge de sa vie. Elles sont essentielles pour un chercheur afin d’obtenir des informations historiques pour son travail. « Je ne peux pas travailler sans archives, je me considère comme un étudiant de l’Histoire, toujours en train d’apprendre ».
Les archives ne sont pas seulement importantes pour son travail de tous les jours mais également pour son plaisir : « les archives me rendent heureux ! »
La coopération avec des experts et universitaires étrangers lui apporte beaucoup. Cet échange de savoirs est un vrai bénéfice pour sa connaissance des collections de l’EHA. En effet, ces collaborations lui permettent d’explorer le patrimoine éthiopien, c’est une opportunité de consulter des nouvelles archives pour ses futures recherches.
« Le transfert des savoirs est très important, l’objectif final est le partage du patrimoine éthiopien ! »
Tesfatseyon Yosef , responsable du département de recherche sur le patrimoine immatériel et ethnographique

Tesfatseyon Yosef est titulaire d’un doctorat en anthropologie sociale et culturelle. Au sein de l’Autorité éthiopienne du patrimoine (Ethiopian Heritage Authority - EHA), il dirige le département de recherche sur le patrimoine immatériel et ethnographique.
Il travaille à l’EHA depuis 12 ans, où ses activités englobent la recherche scientifique et la gestion documentaire des ressources patrimoniales. Outre ses publications universitaires, il enseigne les études patrimoniales, la muséologie et l’anthropologie culturelle à l’Université d’Addis-Abeba. Il pilote également divers projets liés au patrimoine, tels que le programme « Strengthening African-Italian Museum Partnership » (SAIMP).
Par ailleurs, il gère les dossiers de candidature en vue de l’inscription de sites et de monuments sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le département qu’il dirige au sein de l’EHA – qui compte une dizaine de collaborateurs, juniors comme seniors – procède actuellement à la numérisation de dizaines de milliers d’éléments issus de collections variées, notamment des ouvrages, des articles, des vidéos, des photographies et des notes de terrain.
Habitué à collaborer avec des chercheurs et des équipes internationales (originaires de France, d’Italie et des États-Unis), Tesfatseyon apprécie tout particulièrement le partenariat noué avec l’École des chartes dans le cadre de ce projet d’archivage photographique. Ce travail d’inventaire et de description facilitera les études comparatives entre les données recueillies sur le terrain et des photographies historiques relevant de l’ethnologie et de l’anthropologie.
Nous poursuivrons ces présentations dans nos prochains messages !
